Quand commencer cours préparation accouchement pour être prête le jour J
On se l’imagine souvent comme un compte à rebours : le ventre qui s’arrondit, les jours qui défilent, et cette petite question qui trotte dans la tête… « Est-ce qu’il faut que je commence les cours de préparation à l’accouchement ? Et surtout, quand ? »
Entre les rendez-vous médicaux, la fatigue, le boulot, les aînés à gérer parfois, trouver le bon moment peut vite devenir un casse-tête. Respire. On va faire le point ensemble, tout en douceur, comme si on en parlait autour d’un thé, les pieds en éventail, bébé qui gigote sous ton pull.
À quoi servent vraiment les cours de préparation à l’accouchement ?
Avant de parler calendrier, c’est important de savoir pourquoi ces cours existent. Parce que non, ce ne sont pas juste des séances où l’on respire en rythme en regardant un ballon de yoga.
Les cours de préparation à l’accouchement ont plusieurs objectifs :
- Te donner des repères concrets sur le jour J : comment se déroule un accouchement, comment reconnaître le vrai travail, quand partir à la maternité, quelles sont les différentes phases…
- Te proposer des outils pour mieux gérer la douleur : respiration, positions, relaxation, parfois massage, visualisation… même si tu souhaites la péridurale, ces outils sont précieux.
- Rassurer et répondre à tes questions : celles qu’on n’ose pas toujours poser en consultation de 12 minutes chrono.
- Préparer aussi l’après : l’arrivée à la maison, l’allaitement ou le biberon, le post-partum, le corps qui change, la place du conjoint, les nuits hachées…
- Créer un espace de partage : tu n’es pas seule à vivre tout ça, et le simple fait de voir d’autres ventres ronds, d’entendre d’autres questions, fait un bien fou.
Alors oui, ce ne sont pas des « cours » au sens scolaire du terme, mais plutôt des rendez-vous pour apprivoiser ce grand inconnu qu’est l’accouchement.
Le moment idéal pour commencer : la recommandation la plus fréquente
En France, la plupart des sages-femmes et maternités recommandent de commencer les cours de préparation à l’accouchement vers le 6ᵉ ou 7ᵉ mois de grossesse, c’est-à-dire aux alentours de 24 à 28 semaines d’aménorrhée.
Pourquoi cette période est-elle souvent idéale ?
- Tu es déjà bien dans ta grossesse : tu as eu les premières échos, le 1er trimestre (et parfois ses nausées) est derrière toi, tu te projettes plus facilement sur le jour J.
- Tu n’es pas encore « à bout de souffle » : le 8ᵉ et le 9ᵉ mois sont parfois plus fatigants. Commencer un peu avant permet de profiter des séances sans être épuisée.
- Tu as le temps d’intégrer les infos : étaler les séances sur plusieurs semaines t’aide à digérer chaque contenu, à poser des questions au fur et à mesure.
- Tu peux ajuster si ta grossesse évolue : si un alitement, une césarienne programmée ou une particularité médicale se présentent, ta sage-femme pourra adapter la préparation.
Dans la plupart des cas, les femmes commencent autour du 5ᵉ ou 6ᵉ mois, et continuent ensuite avec une séance par semaine jusqu’au 8ᵉ mois environ.
Et si je commence plus tôt ?
Tu peux tout à fait en parler à ta sage-femme dès le 4ᵉ ou 5ᵉ mois si tu en ressens le besoin. Certaines mamans ont envie d’être rassurées très vite, surtout quand :
- Il s’agit d’un premier bébé et que tout est nouveau.
- Tu as vécu un accouchement difficile auparavant et que tu as besoin de temps pour te réconcilier avec cette étape.
- Tu te sens très anxieuse (peur de la douleur, de la péridurale, des complications…)
- Ta grossesse est un peu particulière (grossesse multiple, pathologie, antécédents…)
Dans ces cas-là, on peut parfois faire :
- Quelques séances individuelles précoces centrées sur l’écoute, la parole, la respiration, la gestion du stress.
- Et garder les séances plus « techniques » (déroulé de l’accouchement, protocole de la maternité, post-partum…) un peu plus tard.
Commencer tôt ne veut pas dire tout faire d’un coup. L’idée, c’est d’ajuster à ton rythme, pas de rajouter une pression au planning déjà bien chargé.
Et si je commence tard, est-ce que c’est « foutu » ?
Non, absolument pas. Beaucoup de mamans commencent leurs cours au 7ᵉ, voire au 8ᵉ mois, parfois parce qu’elles n’avaient pas l’info, parce que le travail, les enfants, la fatigue ont pris toute la place, ou juste parce que le temps a filé.
Commencer tard ne veut pas dire que tu ne seras pas prête. Ça veut simplement dire que :
- Les séances seront peut-être un peu plus concentrées (par exemple 2 cours par semaine).
- On mettra l’accent sur l’essentiel pour toi : gérer le travail, savoir quand partir, comprendre ce qui va se passer dans la salle de naissance.
- Certaines parties (comme le post-partum) pourront être abordées rapidement et complétées après la naissance, si besoin.
Tu sais, il y a des mamans qui n’ont fait aucun cours de préparation (par choix, par manque d’infos, par impossibilité), et qui ont très bien vécu leur accouchement. Alors si tu découvres tout ça sur le tard, tu as déjà fait un premier pas important : te renseigner, t’écouter, et chercher à te préparer.
Combien de séances prévoir et comment ça se passe avec la Sécurité sociale ?
En France, la Sécurité sociale prend en charge 100 % de 8 séances de préparation à l’accouchement, à condition qu’elles soient réalisées par :
- Une sage-femme (en libéral ou à la maternité)
- Ou un médecin (plus rare dans ce cadre-là).
Ces 8 séances comprennent en général :
- 1 premier entretien prénatal précoce (souvent autour du 4ᵉ mois), individuel ou en couple, pour faire le point sur tes besoins, ton histoire, tes appréhensions.
- 7 séances de préparation « classiques » : en groupe ou en individuel, selon l’organisation.
Tu peux les répartir sur plusieurs semaines à partir du 6ᵉ mois, mais il n’y a pas d’obligation de toutes les faire. Si tu n’en fais que 3 ou 4, de ton côté, c’est OK. L’important, c’est que ces séances répondent à tes besoins, pas de compléter une carte de fidélité.
Les différents types de préparation : à quel moment pour chacune ?
Il existe plusieurs approches, parfois combinées entre elles. Là encore, le bon moment dépend un peu du type de préparation.
Préparation « classique » avec une sage-femme (en maternité ou en cabinet) :
- Souvent débutée autour du 6ᵉ mois.
- Contenu : déroulé de l’accouchement, gestion de la douleur, respiration, postures, projet de naissance, premiers jours avec bébé.
Préparation avec sophrologie, yoga prénatal ou relaxation :
- Peut commencer plus tôt, dès le 4ᵉ ou 5ᵉ mois, surtout si tu cherches un soutien pour gérer le stress ou mieux habiter ton corps pendant la grossesse.
- Les séances sont souvent progressives : au début, on apprivoise la respiration, la détente ; plus tard, on travaille sur le jour J.
Préparation aquatique :
- Généralement à partir du 2ᵉ trimestre, quand la grossesse est bien installée.
- Douce pour le dos, les articulations, idéale si tu te sens lourde ou si tu as mal au bassin.
Haptonomie (préparation axée sur le lien affectif parents-bébé) :
- Souvent commencée assez tôt, parfois dès le 4ᵉ mois.
- Elle implique souvent le coparent et se déroule sur un temps plus long, pour accompagner la relation avec bébé pendant la grossesse puis après la naissance.
N’hésite pas à demander dès le début de ta grossesse à ta sage-femme ou à ta maternité : « Quelles préparations proposez-vous ? Quand conseillez-vous de commencer ? » Cela te permet de réserver ta place sans stress.
Premier bébé, deuxième, troisième… : est-ce que ça change quelque chose ?
Tu ne vivras pas ta préparation de la même façon selon que tu en es à ton premier ou à ton troisième enfant.
Pour un premier bébé :
- Commencer vers le 6ᵉ mois est vraiment idéal pour se familiariser doucement avec tout ce qui t’attend.
- Tu découvriras des notions nouvelles : phases du travail, monitoring, dilatation, peau à peau, projet de naissance, post-partum…
- Tu auras sans doute mille questions : les cours sont là pour ça.
Pour un deuxième ou un troisième bébé :
- Tu peux aussi faire une préparation, même plus courte, pour :
- Revisiter ce que tu as vécu la première fois (ou les premières fois).
- Préparer un projet de naissance différent (moins médicalisé, ou au contraire plus sécurisé).
- Parler de l’organisation avec la fratrie, de la place de chacun, de ta fatigue.
- Te remettre en confiance si tu as gardé un souvenir difficile.
Dans ce cas, certaines mamans choisissent de commencer un peu plus tard, vers le 7ᵉ mois, en ciblant des séances qui leur parlent : gestion de la douleur, place du coparent, post-partum, etc.
Que faire si ma grossesse est à risque ou si une césarienne est prévue ?
Quand la grossesse s’éloigne un peu du « scénario classique », la préparation a d’autant plus de sens… mais doit parfois être adaptée.
En cas de grossesse à risque (hypertension, diabète, menace d’accouchement prématuré, etc.) :
- Parle-en tôt à ta sage-femme ou ton médecin.
- On pourra te proposer des séances individuelles, plus flexibles, parfois à domicile si tu es alitée.
- Les cours porteront davantage sur la gestion du stress, la posture au quotidien, la respiration, et sur les scénarios possibles d’accouchement.
En cas de césarienne programmée :
- La préparation reste tout aussi utile.
- On parlera moins de poussée, mais davantage de :
- Déroulé d’une césarienne, arrivée au bloc, anesthésie.
- Place du coparent, peau à peau, contact avec bébé.
- Gestion de la douleur après l’intervention, mobilité, organisation des premiers jours.
- Commencer vers le 6ᵉ ou 7ᵉ mois reste une bonne base, en gardant à l’esprit la date prévue de césarienne.
Comment savoir si le moment est venu pour toi ?
Au-delà des recommandations « officielles », il y a aussi ce que toi tu ressens. Quelques petites questions à te poser :
- Est-ce que je commence à penser de plus en plus au jour J ?
- Est-ce que les mots « contractions », « péridurale », « dilatation » me parlent à peu près… ou pas du tout ?
- Est-ce que j’ai besoin de me sentir entourée, de rencontrer d’autres futures mamans ?
- Est-ce que je me sens plutôt curieuse ou plutôt angoissée à l’idée d’accoucher ?
Si tu sens que les questions se font plus nombreuses que les réponses, que la date du terme se rapproche doucement et que tu as envie de te sentir actrice de ton accouchement, c’est probablement le bon moment pour appeler une sage-femme et voir ce qu’elle propose.
Une petite histoire pour te rassurer
Je me souviens d’une maman qui m’avait confié : « J’ai pris rendez-vous pour les cours de préparation à l’accouchement au 7ᵉ mois, parce que j’avais l’impression de ne pas en avoir besoin avant. Et puis, en sortant de la première séance, je me suis rendue compte à quel point ça m’avait allégée. J’avais l’impression que tout était un peu plus clair, plus concret. »
Une autre m’avait raconté tout l’inverse : « J’ai commencé tôt, vers le 5ᵉ mois, parce que j’étais tétanisée à l’idée d’accoucher. Les premières séances m’ont surtout permis de parler, de pleurer un bon coup, de raconter mon premier accouchement qui s’était mal passé. Après ça, j’ai pu vraiment écouter ce qu’on me disait, et me préparer autrement. »
Deux histoires différentes, deux timings différents… et pourtant, un point commun : chacune a trouvé, à sa manière, le bon moment pour elle.
L’essentiel à garder en tête
Pour être prête le jour J, il ne s’agit pas de respecter un calendrier parfait, mais de trouver un équilibre entre :
- Les recommandations générales : commencer vers le 6ᵉ mois est souvent idéal.
- Ta réalité : ton emploi du temps, ta fatigue, tes autres enfants, ton lieu de vie, ta santé.
- Tes émotions : ton niveau d’angoisse, ton besoin de parler, ta curiosité.
Tu peux retenir ces repères simples :
- Commencer les cours de préparation à l’accouchement entre le 6ᵉ et le 7ᵉ mois convient à la majorité des futures mamans.
- Commencer plus tôt, vers le 4ᵉ ou 5ᵉ mois, est une bonne idée si tu es très anxieuse ou si tu choisis certaines préparations spécifiques (haptonomie, sophrologie, yoga prénatal).
- Commencer plus tard, vers le 8ᵉ mois, reste possible : on ciblera alors l’essentiel, quitte à compléter après la naissance si besoin.
Tu as le droit d’ajuster, de demander, de changer de type de préparation si celle-ci ne te parle pas. Tu as le droit d’arriver avec des questions griffonnées sur un carnet, ou avec juste l’envie d’écouter. Tu as aussi le droit de ne pas tout retenir, de redemander, de te tromper.
Le jour J, tu ne réciteras pas ton cours par cœur. Tu t’appuieras surtout sur ce qui aura fait sens pour toi : une position qui te soulage, une phrase rassurante de ta sage-femme, une respiration qui t’aide à traverser une contraction, un regard complice avec ton partenaire.
Et ça, peu importe si tu as commencé tes cours au 5ᵉ, au 6ᵉ ou au 7ᵉ mois, ce sera déjà immense.
